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IA : l'étude Morgan Philips révèle que 95 % des activités s'alourdissent et que la pensée critique… voir

Ni suppression, ni simplification : selon la dernière étude de Morgan Philips France, l'intelligence artificielle ne supprime aucune activité, mais en alourdit 95 % et fait émerger une compétence qui s'impose devant toutes les autres : la pensée critique.

Paris, le 12 octobre 2026 – Morgan Philips Group France publie les résultats de son étude 2026 sur les compétences humaines face à l'intelligence artificielle. Menée entre avril et juillet 2026 auprès d'une centaine de professionnels clients (RH, dirigeants, managers opérationnels) issus d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, cette étude qualitative donne à voir, non un état des lieux statistique du marché français, mais la manière dont les organisations vivent et interprètent, de l'intérieur, la transformation de leurs métiers.

L'intelligence artificielle devait faire gagner du temps. Sur le terrain, elle redistribue une charge : elle ne la supprime pas. 0 % des activités disparaissent avec l'IA, mais 95 % se complexifient (48,5 %) ou augmentent en volume (46,5 %). Ce poids déplacé retombe sur une seule compétence : la pensée critique, citée par 94 % des répondants comme la capacité désormais la plus précieuse pour faire ce que la machine ne peut pas faire elle-même : vérifier, trancher, assumer.

Chiffres et enseignements clés

  • 95 % des activités sont transformées ou augmentées par l'IA, 0 % supprimées : le travail change de nature, il ne disparaît pas.
  • 88 % des répondants constatent une progression de leur organisation sur l'IA en un an, mais le niveau d'intégration réel reste intermédiaire (2,93/5) : les usages vont plus vite que leur structuration.
  • 94 % des répondants citent la pensée critique comme la compétence la plus précieuse face à l'IA, loin devant toutes les autres.
  • Top 3 des compétences 2026 : pensée critique (161 points, 1ère place pour 1 répondant sur 2), intelligence émotionnelle (106 points), communication avancée (80 points).
  • 60,4 % des entreprises perçoivent un manque de profils « AI-proof », mais leur niveau d'inquiétude reste modéré (4,43/10) : la pénurie est là, la prise de conscience pas encore.
  • 46 % des répondants ne savent pas où trouver ces profils (contre 36 % qui citent le freelance et 18 % le CDI/CDD/intérim) : le problème est d'abord un problème de visibilité.
  • Les métiers les plus difficiles à staffer sont des profils hybrides (IT/data/IA 38 %, management/transformation 30 %, finance 23 %) qui combinent expertise métier, maîtrise de l'IA et jugement.
  • Dans 9 familles de métiers sur 10, les entreprises misent sur la formation plutôt que le recrutement pour combler ce manque.

Pour Samuel Tamagnaud, Président France & Deputy CEO Groupe : « L'intelligence artificielle ne fait pas disparaître le travail : elle en déplace le poids. Nos résultats le montrent sans ambiguïté : ce poids retombe sur le jugement, sur la capacité à vérifier une information, à trancher, à assumer une décision. C'est cette compétence-là qu'il faut désormais savoir reconnaître, développer et recruter ».

Le poids que l'IA déplace, elle ne le supprime pas

88 % des répondants constatent une progression de leur organisation sur les sujets IA au cours des douze derniers mois (40 % une forte progression, 48 % une progression), mais le niveau moyen d'intégration réelle reste intermédiaire, à 2,93 sur 5. Les usages se diffusent plus vite que les entreprises ne parviennent à les structurer.

Interrogés sur l'effet dominant de l'IA sur les activités concernées, les répondants sont catégoriques : aucune n'est supprimée. 5 % sont réduites. Mais 48,5 % sont transformées, avec une montée en complexité, et 46,5 % sont augmentées en volume grâce à l'IA. Additionnées, ces deux dernières catégories concernent 95 % des activités observées : l'IA ne fait pas gagner de temps, elle déplace la charge, vers plus de vérifications, plus d'arbitrages, plus de situations à traiter.

Aucune fonction n'est épargnée. Le marketing et la communication arrivent en tête des fonctions les plus exposées (70 %), devant l'IT et le digital (64 %), le juridique et la compliance (61 %), les ressources humaines et la finance (60 % chacune).

La pensée critique, seule compétence capable d'absorber ce poids

La pensée critique (la capacité à analyser, questionner et évaluer la fiabilité d'une information, y compris générée par l'IA) est citée par 94 % des répondants, soit 28 points devant la deuxième compétence la plus citée, l'intelligence émotionnelle (66 %).

Invités à établir un Top 3 des compétences humaines prioritaires pour 2026, les répondants confirment ce classement : la pensée critique obtient un score pondéré de 161 points et est placée en première position par un répondant sur deux (50,5 %). Elle devance l'intelligence émotionnelle (106 points), la communication avancée (80) et le jugement et la prise de décision (75).

L'IA peut produire une réponse. Elle ne peut pas, seule, en vérifier la fiabilité, la contextualiser, ni assumer les conséquences d'une décision prise sur cette base.

Une pénurie qui ne dit pas encore son nom

60,4 % des répondants estiment qu'il manque, clairement (28,7 %) ou modérément (31,7 %), des profils capables de porter ces compétences. Mais le niveau d'inquiétude moyen ne dépasse pas 4,43 sur 10 : la pénurie est perçue, mais pas encore vécue comme une crise.

À la question « où sont ces profils ? », 46 % des répondants répondent qu'ils ne savent pas. 36 % citent le freelance, 18 % le CDI, le CDD ou l'intérim. La difficulté est donc d'abord un problème de visibilité : les entreprises peinent à identifier où se trouvent, en interne comme en externe, les profils qui incarnent déjà ces compétences.

Le profil recherché n'est plus un poste, c'est un hybride

Parmi les métiers les plus difficiles à staffer, les répondants citent en tête les profils IT, data, IA et cybersécurité (38 % des réponses exploitables), suivis par le management, la direction et la transformation (30 %), la finance et la comptabilité (23 %), le commercial et la relation client (21 %), les fonctions techniques et industrielles (19 %).

Cette dispersion dessine un profil commun : un expert de son domaine, suffisamment à l'aise avec l'IA pour en comprendre les opportunités et les limites, capable d'exercer son jugement sur ce qu'elle produit et crédible pour accompagner une équipe dans l'évolution de ses pratiques.

L'enquête montre que la formation reste, dans neuf familles de métiers sur dix, le réflexe privilégié face à ce manque de profils, loin devant le recrutement. Seul l'IT fait exception : recruter et former y pèsent presque à égalité, avec un recours au marché externe (CDI/CDD 69 %, freelance et management de transition 35 %) qui reste indispensable faute de viviers internes suffisants.

Xavier Bézio, chez Morgan Philips Group, ajoute : « Le vrai risque n'est pas que l'IA remplace ces compétences : c'est de continuer à les chercher comme avant, uniquement en CDI, avec des process pensés pour un autre monde du travail. Notre conviction, chez Morgan Philips Group : ces profils rares n'ont pas tous vocation à être embauchés, ils doivent être mobilisés au bon moment, sous le bon format. Un manager de transition pour piloter un changement, un freelance pour une expertise pointue, un intérimaire spécialisé pour sécuriser l'activité : c'est ainsi qu'une pénurie perçue devient un avantage concret. »

Rapport disponible ici : https://insights.morganphilips.com/fr/enquetes-rapports/etude-soft-skills-ia

Méthodologie

Étude qualitative menée par Morgan Philips entre avril et juillet 2026 auprès d'une centaine de professionnels clients (101 répondants), issus d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d'activité (38 % de grandes entreprises de plus de 700 salariés, 32 % de microentreprises de moins de 20 salariés, 17 % de PME, 13 % d'ETI). 55 % des répondants sont basés en Île-de-France. Il ne s'agit pas d'un échantillon statistiquement représentatif du marché français, mais d'une lecture qualitative des perceptions de professionnels clients ; les microentreprises et structures de conseil, plus exposées aux usages de l'IA, y sont davantage représentées. Plusieurs questions permettaient de sélectionner plusieurs réponses : la somme de certains pourcentages peut donc dépasser 100 %.

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