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Paris, le 27 juin 2023 – Les plus jeunes générations de salariés auraient-elles trop confiance en elles au travail ? Nombre de qualificatifs reviennent régulièrement pour décrire les jeunes en entreprise : sûrs d’eux, tolérant moins les situations frustrantes ou les rapports hiérarchiques, “culottés” voire capricieux…Qu’en est-il en réalité ? Adoptent-ils plus de comportements impulsifs que leurs aînés ?

Que pensent l’ensemble des salariés de cette question ? Ce thème a fait l’objet d’une récente étude d’Indeed en collaboration avec OpinionWay, menée auprès de 1138 salariés français.

Le rapport des plus jeunes au travail n'est pas très bien perçu par leurs collègues (même jeunes)

Le portrait tiré par l’ensemble des salariés de leurs collègues plus jeunes semble peu élogieux :

  • 65% des personnes interrogées considèrent que les plus jeunes salariés ou ceux qui arrivent sur le marché de l’emploi ont trop d’exigences
  • 61% pensent qu’ils ont trop confiance en eux et que les réseaux sociaux influencent négativement la relation à leur travail ou à leur employeur
  • 56% les trouvent paresseux
  • 51% estiment même qu’ils manquent de respect envers les entreprises
  • et 44% vont jusqu’à dire qu’ils manquent de respect envers leurs collègues.

Quelques pistes permettent peut-être d’expliquer – ou du moins, de remettre en perspective – certains comportements associés à cette jeune génération (celle souvent désignée comme “génération Z”) :

  • 60% des sondés considèrent que les plus jeunes salariés manquent de perspectives réjouissantes pour vouloir s’investir dans le travail
  • 48% estiment que ces jeunes générations bénéficient actuellement d’une position de force sur le marché de l’emploi
  • 45% trouvent que cette génération est plus ambitieuse que les précédentes.

Les réponses données par les 18-30 ans sont intéressantes en ce qu’elles diffèrent globalement peu de celles des autres salariés, alors qu’une partie de cette tranche d’âge est directement concernée par ces questions. Les jeunes répondants appliquant un regard sans concession sur leur propre génération : s’incluent-ils dans ce diagnostic, ou se considèrent-ils différemment ?

Sur les 3 points suivants, les 18-30 ans sont plus modérés même si une part significative partage l'avis de leurs aînés :

  • 57% trouvent que les plus jeunes salariés ont trop d’exigences (contre 67% des plus de 30 ans)
  • 49% pensent qu’ils ont trop confiance en eux (contre 64% des plus de 30 ans)
  • 39% (ce qui n’est pas rien !) estiment que cette génération manque de respect envers les entreprises, contre 54% des plus de 30 ans.

Les jeunes sont loin d'avoir le monopole des comportements impulsifs ou "immatures"

Si les moins de 30 ans sont plus nombreux en proportion à avoir déjà adopté des comportements impulsifs face à une colère ou une situation désagréable au travail, le cliché qui associe cette attitude à la jeunesse est mis à mal par les résultats de l’étude.

Voici par exemple, pour les deux tranches d’âge, les pourcentages de répondants ayant déjà connu ces situations ...

 

Parler de son entreprise sur les réseaux sociaux est de moins en moins tabou

65% des répondants observent que les jeunes salariés parlent davantage de leurs expériences professionnelles sur les réseaux sociaux, et c’est effectivement le cas :

  • 20% des 18-30 ans avouent avoir déjà critiqué leur entreprise sur les réseaux sociaux ou sur internet (plus surprenant, 16% des plus de 30 ans l’ont aussi déjà fait)
  • 18% des 18-30 ans ont quant à eux médiatisé leur démission sur les réseaux sociaux (mais là encore, les plus de 30 ans “ne sont pas en reste”, plus d’1 personne sur 10 – 11% – l’ayant déjà fait également dans cette tranche d’âge).

Entre les réseaux sociaux multiples et les sites permettant de noter une entreprise, l’image de marque employeur n’a jamais eu autant de risques d’être mise à mal qu’actuellement. En parallèle, selon une étude réalisée aux Etats-Unis, 80% des actifs estiment qu’il est important de s’informer sur le niveau de bien-être des salariés d’une entreprise avant d’y postuler.[1]

Plus de négativité et de lassitude vis-à-vis du travail

L’étude révèle aussi que 71% des 18-30 ans sont déjà restés dans leur emploi (au lieu de démissionner) alors qu’ils étaient complètement démotivés, dans un état d'esprit négatif. Alors que leur carrière est plus courte que celle de leurs aînés, ils sont plus nombreux en proportion à s’être déjà retrouvés en situation de démotivation profonde au travail.

Même phénomène en ce qui concerne les démissions par rejet ou dégoût des activités de l'entreprise (une tendance appelée “conscious quitting” outre-Atlantique) : 41% des 18-30 ans ont déjà quitté volontairement au moins une entreprise dont les valeurs ne correspondaient pas aux leurs, alors que 35% de leurs aînés se sont retrouvés dans cette situation.

La génération Z est souvent décrite comme plus ambitieuse et exigeante en ce qui concerne sa vie professionnelle : elle semble avoir un rapport moins “alimentaire” au travail, et attend beaucoup de sa vie professionnelle pour s’épanouir et donner du sens à son quotidien. Et pourtant, comme le montrent certains résultats de cette étude, les jeunes sont plus enclins à la démotivation, à la lassitude, ou à la perte d’engagement vis-à-vis de l’entreprise. Mais cela est-il seulement contradictoire, ou bien un effet boomerang de ce que le monde du travail a réellement à leur proposer, trop loin de l’image qu’ils s’en faisaient ?

 

[1] Source : “Indeed Work Happiness Report”, basé sur une étude réalisée par Forrester Consulting pour Indeed en 2022 auprès de plus 5000 répondants aux Etats-Unis

Méthodologie

L’étude a été menée par OpinionWay pour Indeed en avril 2023 auprès de 1138 salariés français âgés de 18 ans et plus, travaillant dans les secteurs privé et public, dont 335 salariés de 18-30 ans. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.

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