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Xavier Philippe, enseignant-chercheur en sociologie du travail à l'EM Normandie, et Thomas Simon, professeur assistant à Montpellier Business School (MBS) ont mené une étude qualitative auprès de jeunes diplômés de Grandes Écoles de commerce et d’ingénieurs françaises sur le team building et ses effets escomptés sur la cohésion des équipes.

Cette recherche leur a permis de mettre en évidence les limites du team building tel qu’il est organisé traditionnellement. Si les entreprises le voient comme une expérience amusante et inoubliable, les jeunes diplômés considèrent ces séminaires « ridicules » et « gênants ». Ils suggèrent de les remplacer par des sessions basées sur des temps de rencontre ad hoc et informels impulsés par les salariés eux-mêmes. En d’autres termes, le team building doit être envisagé comme une anecdote sympathique, sans grandiloquence, ni attentes démesurées quant à la structuration du collectif.

Le team building, plébiscité par les RH …

Depuis les années 1980, les sessions de team building ont fleuri dans les entreprises : 77 % des entreprises déclarent mettre en place des programmes de stimulation et/ou de fidélisation dans leur entreprise (étude Edenred France / Ipsos, 2020). Les directions des ressources humaines pensent avoir trouvé la solution miracle afin de remédier à leurs problèmes de cohésion interne tout en cédant aux sirènes de la modernité joyeuse. Pourtant, ces solutions prêtes à l’emploi ont malheureusement tendance à faire fuir les meilleurs collaborateurs. Entre mode managériale et volonté d’esthétiser le quotidien des salariés, le team building n’a pas toujours les effets escomptés sur la cohésion des équipes.

Si l'idée que le management doit intégrer une part de ludique car cela correspond aux aspirations des salariés, notamment des plus jeunes, a le vent en poupe, très peu d'études viennent interroger les représentations que se font les individus des séminaires de team building, et plus particulièrement les jeunes diplômés. L’enquête qualitative menée par les deux enseignants-chercheurs auprès de cette population bouscule l’idée reçue selon laquelle un séminaire amusant serait forcément une bonne chose pour les salariés et pour l'organisation.

…Critiqué par les jeunes diplômés

Les résultats de cette étude montrent que l'amusement (le "fun") est loin d'être un atout pour le management. Au contraire, plus il est orchestré, plus il semble louche et suspicieux pour les participants qui se sentent infantilisés, voire manipulés.

L’injonction permanente au fun sur lesquelles ces sessions reposent, a un effet contre-productif sur les participants. En brouillant les cartes entre amusement et travail, le team building peut faire surgir des sentiments de dissonance chez les collaborateurs, sources d’inconfort et de malaise. Certains soulignent l’émergence d’une connivence dans la gêne partagée.

D'autre part, cela est pernicieux car l'on s'éloigne des préoccupations du travail réel tout en prétendant les avoir résolues. Le fun est donc un problème pour les organisations : il s'inscrit dans la mouvance du #bullshit en entreprise et vient tenter de masquer les enjeux réels du travail.

Pour autant, les jeunes diplômés ne rejettent pas en bloc le principe même du team building et proposent de nouvelles manières d’organiser ces sessions.

Mieux vaut un évènement spontané, venant de la base plutôt qu'un séminaire absurde et instrumentalisé par le management.

« On ne résoudra pas les problèmes concrets que pose le travail réel en transformant les entreprises en bac à sable. », expliquent les deux chercheurs.

The Conversation, « Du rire aux larmes : quand le team building s’égare »

 

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